Elias Morel

Photographe – L’atelier est sans doute l’image que je photographie le plus souvent. C’est là que toutes les autres commencent.

À 29 ans, Elias Morel développe une pratique photographique où l’image n’est jamais considérée comme un résultat définitif. Installé dans un ancien atelier industriel à fribourg, il travaille presque exclusivement en argentique, alternant prises de vue, développement manuel et interventions directes sur les tirages.

Son travail oscille entre photographie documentaire et expérimentation plastique. Il collecte des images, les reproduit, les altère, les imprime plusieurs fois ou les laisse volontairement se détériorer. Plus qu’un moyen de représentation, la photographie devient un matériau à manipuler, capable de conserver autant qu’elle efface.

L’atelier occupe une place centrale dans cette pratique. Les négatifs suspendus, les produits chimiques, les carnets de notes ou les essais abandonnés participent autant au processus de création que les images finales.

À 29 ans, Elias Morel développe une pratique photographique où l’image n’est jamais considérée comme un résultat définitif. Installé dans un ancien atelier industriel à Lausanne, il travaille presque exclusivement en argentique, alternant prises de vue, développement manuel et interventions directes sur les tirages.

Son travail oscille entre photographie documentaire et expérimentation plastique. Il collecte des images, les reproduit, les altère, les imprime plusieurs fois ou les laisse volontairement se détériorer. Plus qu’un moyen de représentation, la photographie devient un matériau à manipuler, capable de conserver autant qu’elle efface.

L’atelier occupe une place centrale dans cette pratique. Les négatifs suspendus, les produits chimiques, les carnets de notes ou les essais abandonnés participent autant au processus de création que les images finales.

L'atelier comme chambre noire

Le temps des images

Contrairement aux espaces immaculés souvent associés aux ateliers d’artistes, celui d’Elias Morel ressemble davantage à un lieu de recherche. Les surfaces sont couvertes de feuilles de contact, de négatifs annotés, d’essais de tirage et de photographies laissées volontairement de côté.

Ici, rien ne semble véritablement terminé. Chaque image peut être reprise, découpée, reproduite ou abandonnée. Le laboratoire devient un espace où le temps s’accumule autant que les objets. Les gestes sont lents, répétitifs, presque silencieux.

En choisissant de présenter son atelier plutôt que ses séries achevées, Elias Morel déplace l’attention vers ce qui demeure habituellement invisible : les hésitations, les erreurs, les matières et les outils qui accompagnent la fabrication d’une image. Le projet invite ainsi à considérer la photographie non comme une surface figée, mais comme un processus en constante transformation.

Le punctum

On pourrait croire que les photographies sont le sujet de cette série.

Elles sont partout : suspendues, empilées, annotées, encore humides. Elles envahissent les murs, les tables et les étagères.

Pourtant, ce qui retient le regard se situe ailleurs.

À un moment, Elias Morel photographie un tirage qu’il vient tout juste de développer. Nous le photographions en train de photographier une photographie. L’image se replie sur elle-même.

Cette mise en abyme déplace discrètement notre position. Le photographe, habituellement derrière l’objectif, devient à son tour celui que l’on observe. Son atelier cesse d’être un simple lieu de production pour devenir une chambre d’échos, où chaque image semble en contenir une autre.

Le punctum n’est peut-être pas dans les tirages accrochés au mur, mais dans ce renversement presque imperceptible : celui où le regardeur accepte, à son tour, d’être regardé.